Changer d'agence SEO : les vrais signaux, les faux, et la sortie sans casse
Vous payez depuis quatorze mois. Le rapport arrive chaque début de mois, il est vert, et pourtant votre standard ne sonne pas plus qu'avant. Vous y pensez sérieusement depuis l'été, et quelque chose vous retient : la peur de perdre le peu que vous avez construit.
Cette page traite les deux moments dans l'ordre : d'abord si vous avez raison de partir, ensuite comment sortir sans rien casser. Le premier bloc peut très bien vous conduire à rester.
Réponse courte avant tout le reste : changer d'agence ne fait pas perdre de positions. Ce sont quelques gestes techniques mal exécutés au moment du transfert qui en font perdre, et ils s'évitent tous. Le détail est plus bas.
Les signaux qui justifient vraiment un changement
Un mandat SEO se juge sur trois choses : ce qui est produit, ce qui est expliqué, ce qui vous appartient. Cinq signaux touchent à l'un de ces trois piliers, et chacun suffit à ouvrir la discussion.
1. Le rapport n'a aucun lien avec vos demandes entrantes
C'est le signal le plus fréquent et le plus mal identifié. Le document annonce trente mots-clés en progression pendant le mois où vous n'avez reçu aucun appel venu du site. Ce n'est pas forcément de la malhonnêteté : c'est une agence qui mesure ce qu'elle sait produire plutôt que ce que vous, vous achetez. Le test tient en une phrase à envoyer par mail : « combien de formulaires et d'appels le site a-t-il générés ces trois derniers mois ? » Une agence qui ne sait pas répondre ne mesure pas votre affaire, elle mesure la sienne.
2. Zéro page produite sur un trimestre complet
Le référencement se joue en grande partie sur ce qui est publié. Un trimestre entier sans une seule page nouvelle, sans une refonte de page existante, sans un contenu ajouté, signifie qu'il ne se passe rien. Comptez sur les douze derniers mois : ouvrez le site, listez les pages créées ou substantiellement réécrites. Si le total tient sur une main, vous connaissez la réponse. Une réserve honnête : certains mandats portent uniquement sur la technique ou le local, et c'est légitime si c'est écrit dans le contrat. Sinon, la production est l'objet même du service.
3. Des positions plates depuis six mois, sans explication écrite
Le mot qui compte n'est pas « plates », c'est « sans explication ». La stagnation fait partie du métier : marchés saturés, concurrence qui investit davantage, site trop faible pour la requête visée. Ce qui n'en fait pas partie, c'est le silence. Une agence qui travaille sait vous dire pourquoi ça ne bouge pas, ce qu'elle a testé, et ce qu'elle change en conséquence. Le vrai signal d'alerte, c'est un mandat où personne n'a jamais écrit d'hypothèse.
4. On vous a promis une position
« La première place sur votre mot-clé », « le top 3 garanti en six mois ». Personne ne contrôle le classement de Google, et une agence qui l'affirme sait qu'elle ment ou ignore son propre métier. Les deux hypothèses justifient de partir. C'est aussi le seul signal qui vaut avant même de regarder les résultats : la promesse suffit.
5. Vous n'avez pas les clés de votre propre visibilité
Vous demandez l'accès à la Search Console et la réponse tarde. La fiche Google est administrée depuis une adresse que vous ne connaissez pas. Le nom de domaine est enregistré au nom de l'agence. Aucun de ces points n'est un détail administratif : ce sont vos actifs, et leur rétention est le seul signal qui transforme un désaccord commercial en rapport de force. Traitez-le en priorité, avant même de décider quoi que ce soit : la marche à suivre, dans l'ordre, est au point 03 de cette page. Si c'est votre cas, lisez-le maintenant et revenez ici ensuite.
Un signal isolé ouvre une conversation. Deux signaux qui persistent après cette conversation ouvrent une recherche. Le critère n'est jamais le premier constat, c'est ce qui se passe une fois que vous l'avez formulé par écrit.
Les faux signaux : les cas où il ne faut pas changer
Une partie des changements d'agence que nous voyons arriver n'auraient pas dû avoir lieu. Le client repart de zéro, perd six mois, et retrouve le même problème ailleurs. Trois situations reviennent.
« Ça fait quatre mois et je ne vois rien »
Les premiers mois d'un mandat se jugent sur le travail, pas sur les courbes. Une page publiée en février ne montre souvent rien avant l'été : le temps que Google la découvre, la teste sur quelques requêtes, puis la stabilise. Le bon test à quatre mois n'est donc pas « où suis-je classé », c'est « qu'est-ce qui a été produit et corrigé ». Si les livrables sont là et que les positions ne suivent pas encore, vous êtes dans le calendrier normal du métier. Si rien n'a été produit, retournez au signal n° 2 : ce n'est plus de la patience, c'est un constat.
Une chute que l'agence explique et documente
Google modifie son classement plusieurs fois par an, parfois profondément. Une baisse de trafic qui coïncide avec une de ces mises à jour n'est pas la faute de votre prestataire, et virer l'agence au pire moment vous prive de la seule personne qui connaît le dossier. Le critère de tri est simple : une agence qui vous montre la date de la mise à jour, la courbe correspondante, l'analyse des pages touchées et un plan de réaction fait son travail. Une agence qui vous dit « c'est Google » sans rien démontrer ne le fait pas. Nous détaillons la méthode de diagnostic sur notre page chute de trafic Google.
Un désaccord de personnes
Un interlocuteur qui répond mal, un rendez-vous manqué, un ton qui agace : c'est réel et désagréable, mais cela se règle en demandant un changement de contact avant de démonter tout un dispositif. Le référencement est une des rares prestations où la continuité vaut de l'argent. Ne cassez pas une mécanique qui fonctionne pour un problème relationnel qui a une solution moins coûteuse.
Il existe une autre raison, plus inconfortable, de ne pas changer : parfois le problème n'est pas l'agence, c'est le mandat. Un budget de quelques centaines de francs par mois ne finance pas une stratégie, quelle que soit l'agence qui l'exécute. Dans ce cas, changer ne change rien.
La checklist des accès, à faire avant d'annoncer quoi que ce soit
Voici le point sur lequel nous voyons le plus de dégâts, et il n'a rien à voir avec le référencement. Des dirigeants annoncent leur départ, puis découvrent qu'ils n'ont plus accès à leurs propres comptes. L'ordre des opérations compte davantage que le contenu de votre lettre de résiliation.
Six vérifications, à faire pendant que la relation est encore normale, sans annoncer votre intention.
- Le nom de domaine. Une recherche whois sur votre domaine affiche le titulaire enregistré. Si ce n'est pas votre société, c'est le premier point à régler, avant tout le reste. Le registrar dispose d'une procédure de changement de titulaire.
- L'hébergement et le site. Contrat d'hébergement à votre nom, accès administrateur au CMS avec un compte qui vous appartient, et une sauvegarde complète récente que vous détenez, pas seulement l'agence.
- La Search Console. Ouvrez-la avec votre adresse professionnelle. Vous devez y figurer comme propriétaire, pas comme utilisateur. C'est la différence entre pouvoir retirer les droits de quelqu'un et devoir les demander.
- Google Analytics. Même logique : la propriété du compte doit être chez vous. Exportez en plus les données historiques qui comptent, un compte perdu emporte des années de mesure.
- La fiche Google d'établissement. Vérifiez quel compte est propriétaire de la fiche. C'est l'actif le plus souvent oublié, et le plus visible quand il disparaît : c'est lui qui affiche vos horaires, votre adresse et vos avis.
- Les comptes annexes. Outils de suivi de positions, comptes publicitaires, plateformes d'avis, outil d'emailing rattaché au site. Tout ce qui a été créé « pour vous » par quelqu'un d'autre est à vérifier.
Formulez la demande simplement, sans conflit : « pour notre conformité interne, je dois figurer comme propriétaire sur l'ensemble de nos comptes. Pouvez-vous me confirmer les accès ? » Une agence saine règle cela dans la journée, et c'est d'ailleurs un bon dernier test. Une agence qui traîne trois semaines vient de répondre à votre question de départ.
Ne coupez jamais un paiement avant d'avoir récupéré vos accès. Tant que la facture court, vous êtes un client avec des droits. Après, vous êtes un ancien client qui demande un service.
Ce qui vous appartient, ce qui ne vous appartient pas
Avant de partir, faites l'inventaire. La question n'est pas « qu'est-ce que j'ai payé », c'est « qu'est-ce que je conserve ». Les deux ne coïncident pas toujours, et cela se joue dans le contrat.
| Actif | Situation courante | À vérifier au contrat |
|---|---|---|
| Nom de domaine | Vous, si le whois est à votre nom | Le titulaire whois, pas la facture |
| Site et code | Vous, si le contrat ne prévoit pas de licence | Les contrats « site fourni avec l'abonnement » |
| Textes et pages rédigés | Vous, si le contrat contient une clause de cession | Une clause de cession explicite |
| Photos et visuels achetés | Licence, souvent au nom de l'agence | Le transfert de licence à la sortie |
| Données Analytics et Search Console | Vous, si les comptes sont ouverts à votre adresse professionnelle | Qui est propriétaire, pas qui consulte |
| Fiche Google d'établissement | Vous, si votre compte figure comme propriétaire de la fiche | Le compte propriétaire réel |
| Rapports et audits livrés | Vous | Rien, mais téléchargez-les avant de partir |
| Liens obtenus | Variable, voir plus bas | Achetés ou loués |
Un principe simple : téléchargez tout ce qui existe sous forme de fichier avant d'annoncer votre départ. Rapports, audits, plans de mots-clés, exports de données. Rien de tout cela n'est confidentiel, vous l'avez payé, et c'est infiniment plus facile à obtenir maintenant que dans deux mois.
Trois pièges qui ne se voient qu'au moment de partir
Le prestataire détient votre site ou votre domaine
Des offres tout compris incluent le site dans l'abonnement mensuel : tant que vous payez, vous l'utilisez. Le jour où vous arrêtez, il s'éteint. C'est parfaitement légal si vous l'avez signé, et c'est le scénario le plus coûteux. Si vous êtes dans ce cas, la sortie se prépare autrement : on reconstruit avant de résilier, pas après, et on négocie une période de recouvrement pendant laquelle les deux sites coexistent le temps des redirections.
Les liens loués disparaissent avec l'abonnement
Peu de clients le savent : une partie des liens entrants vendus dans les forfaits ne sont pas acquis, ils sont loués. Ils tiennent tant que la mensualité est versée au site qui les héberge. À la résiliation, ils tombent, parfois en bloc, et le référencement recule sans que le nouveau prestataire y soit pour quoi que ce soit. Posez la question avant de partir, noir sur blanc : « parmi les liens obtenus, lesquels sont acquis définitivement et lesquels sont locatifs ? » La réponse détermine ce que vous devrez reconstruire, et elle change le budget des premiers mois.
Le contenu sous licence
Plus rare, mais réel : certains contrats prévoient que les textes rédigés restent la propriété de l'agence et vous sont concédés pour la durée du mandat. À la sortie, vous devez les retirer. Cherchez les mots « licence », « concession » et « propriété intellectuelle » dans votre contrat. S'ils y sont sans cession à votre profit, la réécriture est à budgéter, et c'est un argument de négociation à sortir avant, pas après.
Dernier point de méthode : relisez la clause de durée. Le préavis usuel se compte en mois et court souvent depuis une date anniversaire. Notez la date limite d'envoi, respectez la forme prévue, et envoyez par écrit avec preuve d'envoi. Ce n'est pas de la défiance, c'est ce qui évite de payer un semestre de plus.
La transition sans casse : reprendre n'est pas recommencer
La crainte que nous entendons le plus souvent : « je vais tout perdre ». Dans l'immense majorité des cas, non. Votre site reste, vos pages restent, votre historique reste, votre fiche reste. Ce qui change, c'est la main qui travaille dessus. Une transition se passe bien quand elle suit un ordre.
- Semaines 1 et 2 : l'audit de l'existant. Aucune modification. On mesure ce qui est en place, ce qui fonctionne, ce qui bloque, et ce qui a été fait par le prédécesseur. On sépare tout de suite les liens acquis des liens loués.
- Semaines 2 et 3 : la remise en ordre des accès. Comptes vérifiés, propriétés confirmées, sauvegardes en main, anciens droits retirés une fois le relais assuré.
- Semaines 3 et 4 : le plan. Les priorités, dans l'ordre, avec ce qu'on garde et ce qu'on reprend. C'est le moment où vous voyez si le nouveau prestataire a vraiment lu votre site.
- À partir de la semaine 4 : la production reprend. L'objectif est qu'il n'y ait pas de trimestre blanc entre les deux mandats. Un trou de production coûte plus cher que les deux mois de préavis.
Un mot sur le confrère sortant. Une reprise honnête commence par regarder ce qui a été bien fait, et il y a presque toujours quelque chose : une structure technique propre, un socle de contenus corrects, un travail local sérieux. Nous le disons au client quand c'est le cas. L'agence qui déclare « tout est à refaire » avant même d'avoir ouvert la Search Console ne fait pas un diagnostic, elle fait un devis. Vous venez de payer ce travail, ce serait absurde de le racheter.
Ce qui se passe quand vous arrivez de chez quelqu'un d'autre
Nous faisons ce métier depuis onze ans, depuis Carouge, et une bonne partie de nos clients arrivent d'une autre agence. Trois choses valent d'être dites clairement.
L'audit est gratuit et il porte aussi sur le travail en place. Sous 48 heures, vous recevez l'état réel de votre site et un avis sur ce qui a été produit pour vous jusqu'ici. Il arrive que nous vous conseillions de rester : quand le travail est correct et que c'est le calendrier qui frustre, le dire est plus utile que prendre le mandat. Vous pouvez donc utiliser l'audit SEO comme un second avis, sans intention de partir.
Vos accès restent à votre nom. Search Console, Analytics, fiche d'établissement, domaine : les comptes sont les vôtres, nous intervenons en accès délégué. Le jour où vous partez, vous retirez nos droits vous-même et le dossier est clos. C'est la règle, pas une faveur.
Nos conditions sont publiques. Nos tarifs SEO en Suisse sont publiés : ils commencent à 1'200 CHF par mois selon le profil du site, l'engagement initial est de six mois, puis résiliable au semestre. Vous savez ce que vous signez et comment vous en sortez, ce qui est précisément le sujet de cette page.
Et si vous n'en êtes pas encore là, si le mandat en cours se termine et que vous préparez le suivant, les critères de sélection sont sur notre guide comment choisir son agence SEO. Cette page-ci traite la sortie ; celle-là traite l'entrée.
FAQ - changer de prestataire SEO
Mon référencement va-t-il chuter pendant le changement ?
Pas du fait du changement lui-même. Google ne sait pas qui gère votre site et ne réagit pas à une facture. Ce qui fait chuter, ce sont les gestes techniques mal exécutés au moment du transfert : une migration d'hébergement sans redirections, un fichier robots.txt écrasé, une mise en ligne qui laisse une balise noindex. Un vrai risque existe aussi sur les liens loués, qui disparaissent à l'arrêt du paiement. Une reprise propre commence donc par un inventaire, pas par des modifications.
Puis-je faire auditer mon agence actuelle sans résilier ?
Oui, et c'est même l'ordre recommandé. Notre audit gratuit sous 48 heures porte aussi bien sur votre site que sur le travail effectué par le prestataire en place : ce qui a été produit, ce qui a bougé, ce qui manque. Vous restez libre ensuite. Il arrive que la conclusion soit de rester, quand le travail est correct et que c'est le délai qui pose problème.
Mon agence refuse de me rendre mes accès, que faire ?
Distinguez deux situations. Si les comptes sont à votre nom et que l'agence n'est qu'utilisateur déléguée, vous pouvez retirer ses droits vous-même, sans son accord : c'est le cas le plus fréquent et il se règle en dix minutes. Si les comptes ont été créés par l'agence sur ses propres adresses, la restitution relève du contrat, et une demande écrite en recommandé est la première étape. Pour le nom de domaine, le registrar dispose d'une procédure de transfert entre titulaires. Ne coupez pas les paiements avant d'avoir réglé ce point : c'est le seul levier qu'il vous reste.
Faut-il refaire le site quand on change d'agence ?
Presque jamais au moment du changement, et méfiez-vous du prestataire qui l'exige d'emblée. Une refonte remet à zéro des pages qui fonctionnaient et consomme le budget des premiers mois. Elle se justifie quand le site est techniquement hors d'état, quand la structure d'URL empêche toute progression, ou quand il n'est pas exploitable sur mobile. Dans les autres cas, on travaille l'existant et on refait plus tard, en connaissance de cause.
Dois-je prévenir mon agence avant d'avoir trouvé la suivante ?
Non. Cherchez, comparez, décidez, sécurisez vos accès, et annoncez ensuite. L'inverse vous laisse dans une période où plus personne ne travaille sur votre visibilité et où votre pouvoir de négociation a disparu. Cela n'a rien de déloyal : tant que votre préavis court, vous payez et vous êtes en droit d'attendre le service. Restez correct sur la forme, un prestataire sortant bien traité transmet mieux.
Combien coûte la reprise d'un site déjà travaillé par une autre agence ?
Le même tarif qu'un nouveau mandat, soit dès 1'200 CHF par mois selon le profil du site, avec l'audit de reprise inclus. Une reprise n'est pas plus chère qu'un démarrage : une partie du travail est déjà faite, ce qui se paie en général sur le premier mois, c'est le temps d'inventaire et de remise en ordre des accès. Nos tarifs sont publiés, et l'engagement est de six mois puis résiliable au semestre.
Un second avis avant de décider
L'audit gratuit sous 48 heures couvre votre site et le travail de l'agence en place. Vous repartez avec un état des lieux et trois priorités, y compris, parfois, celle de rester.